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14 avril 2009 @ 17:43
D comme...  

Titre : D comme…
Auteur : Sganzy
Bêta : Vicondinaddict
Disclaimer : Pas à moi, pas de sous
Avertissement : Tout public
Spoiler : Avant « Simple Explanation »
Genre : Drame
Résumé : Kübler-Ross était un idiot.
Item : #76 : Quelqu’un/Quelque chose disparait
N/A : Fic écrit avant l’épisode 5x20, donc là, elle tombe un peu comme un cheveux sur la soupe…mais bon, effacez votre mémoire et lancez vous.

 

 

 

 

La perte est imprévisible. On ne peut jamais prévoir quand elle va frapper et quelle sera notre réaction. Certains pleurent, certains boivent, certains culpabilisent et certains font mine de ne pas la ressentir. Les réactions sont illimitées et pourtant, un certain docteur Kübler-Ross a un jour décidé qu’on pouvait expliquer le deuil en cinq phases. Cinq mots qui sont censés décrire ce qu’on ressent quand on perd quelqu’un qu’on aime : Déni, Colère, Marchandage, Dépression, Acceptation.

Aussi simple que ça à ce qu’il paraît.

 

Kübler-Ross était un idiot. Du moins, c’est ce qu’il avait toujours pensé.

Pourtant, les jours avaient passé et il en était venu à espérer qu’il avait raison. Il voulait que ces stades existent parce qu’il n’aurait alors plus à vivre dans l’illusion qu’elle vit encore. Il ne subirait plus ce choc, cette nausée à chaque fois que quelque chose venait contrer le déni et lui rappeler qu’elle n’était plus. Il préfèrerait être en colère. Il préfèrerait en vouloir à quelqu’un, n’importe qui. A la vie, pour la lui avoir prise. Il aimerait que Kübler-Ross ait raison parce qu’il pourrait alors croire qu’il irait mieux un jour, qu’il accepterait. 

Mais il n’y croyait pas. Il l’avait vue mourir, il l’avait vue être mise en terre, il sentait son absence et pourtant son cerveau refusait d’assimiler l’information, l’effaçait.

Il lui arrivait parfois, souvent même, de se lever et d’avancer d’un pas déterminé vers son bureau, préparant déjà ses arguments pour la convaincre de signer l’énième procédure outrancière qu’il voulait imposer à son patient. Il allait parfois jusqu’à entrer dans le bureau, la bouche déjà ouverte sur une remarque déplacée avant de réaliser que le décolleté n’était plus. Pas plus que la femme. A la place, un costume cravate dont il n’avait pas pris la peine de mémoriser le nom lui demandait ce qu’il voulait. Il était parfois tenté de lui dire qu’il voulait qu’il parte, qu’il s’en aille et qu’elle revienne, mais savait que ça ne le mènerait à rien. Alors, il faisait demi-tour et profitait de son isolement dans l’ascenseur pour tout oublier. Il s’asseyait devant son bureau et faisait comme si rien ne s’était passé, comme s’il ne venait pas d’être confronté à la dure réalité.

 

Ses collègues savaient ce qu’il se passait, ils savaient tous mais ne disaient rien par peur de faire face aux conséquences. Personne ne disait jamais son nom, personne n’utilisait jamais le passé, ils le laissaient croire parce qu’ils savaient que la vérité pourrait bien être la fin de tout.

Même son meilleur ami n’osait plus aborder le sujet. Il déposait un café devant lui et parlait de banalités, prétendait que rien n’avait changé quand rien n’était plus comme avant.

 

Tout le monde ment et House le sait très bien. Tout comme il sait que les mensonges sont souvent là pour protéger ceux que l’on aime d’une vérité qui peut faire mal. Alors que l’illusion se prolongeait, il aurait du réaliser qu’il n’était pas seul. Parce que si on ment à ceux qu’on aime alors il y avait tout une armada d’amis qui tenaient à lui et le protégeaient. Il le savait au fond, mais peu lui importait. Parce que Lisa Cuddy était partie et il savait que le jour où il l’accepterait, quoiqu’il arrive, quoiqu’il se passe, il serait seul. Contrairement à ce qu’il avait toujours clamé, il était terrifié par cette idée, alors il sirotait son café et parlait au présent. Il ignorait la vérité. Le mensonge par omission est le plus beau mensonge qui soit parce qu’on ne peut jamais le retourner contre vous, il ne peut jamais vous faire de mal…du moins, à ce qu’on dit.

 


 
 
 
(anonyme) on le 17 juin 2009 18:42 (UTC)
De Mana
C'est beau !